Q et R avec le Participant voyageur de l’Étape 6 Shaun Majumder

 

Canada C3: Pourquoi avez-vous voulu participer à Canada C3 ?

Shaun Majumder: Oh mon doux. C’était une occasion tellement unique ! Avec le travail, j’ai été très chanceux, et j’ai eu beaucoup d’expériences amusantes. La mission de ce voyage, qui a évolué depuis le début, m’a beaucoup intéressée. J’aime les aventures. Je suis quelqu’un qui aime le plein air. J’aime la terre. J’adore explorer. J’ai pratiquement les gènes de Jacques Cousteau ! Alors, ce fut vraiment important pour moi d’être ouvert à n’importe qu’elle situation.

C3: Alors, tu as vu un ours polaire. Comment as-tu trouvé ça ?

SM : Oui. Nous avons rencontré et accueilli nanuk. C’est vraiment intéressant. On se rend au Nord, et tout le monde parle de l’ours polaire. Les gens ont si hâte de voir un ours polaire. L’ours polaire est extraordinaire. J’ai vu des phoques, des baleines. J’ai vu toutes sortes d’animaux lors de ce voyage, mais l’ours polaire, cet animal insaisissable, ne se pointait pas pour notre périple. Ils nous disaient “Demain matin, c’est garanti, vous allez voir des ours polaires.” On se réveillait, on allait dehors – pas d’ours polaires. Nous sommes allés à Ramah Bay – pas d’ours polaires. Il est supposé d’avoir des ours polaires partout. Nous étions supposés d’assister à une partie de softball, et on n’a rien vu.

Alors hier, on s’est rendu à Eclipse Sound. La température n’était pas très favorable. C’était mouillé, et il faisait froid. Nous sommes sortis en zodiac vers la baie. On avait entendu sur les radios qu’un ours polaire se promenait, mais il était proche du premier zodiac. Par le temps que nous étions rendus, il était parti. C’était rassurant de savoir qu’on avait au moins passé proche d’en voir un. Personne l’a vu, sauf un individu. Qui ? Geoff Green, bien sûr, parce qu’il est sorcier.

Ensuite, on a fait une longue longue randonnée sur le côté opposé de la rive. En marchant, moi et Andrew, un des gardes d’ours, on a décidé de voir si on pouvait observer quelque chose. Tout d’un coup, un ours se déplaçait vers nous. Un des slogans de Geoff, c’est d’être flexible. Le plan c’était d’aller voir des chutes, mais tout le monde a choisi de descendre et de voir si l’ours allait rester autour.

Alors, on s’est rendu aux zodiacs. Un des bateaux était déjà parti. L’ours était très curieux. Il s’est levé sur ses pattes arrières et a baissé son regard et a senti l’air. Il a ensuite commencé à se déplacer vers nous, parce qu’il sentait toutes les odeurs humaines. Il a commencé à descendre, et nous sommes tous arrivés. C’était le silence complet. On a fermé les moteurs, et tout le monde s’est assis, et on a regardé cet animal incroyable descendre vers nous. C’était magnifique.

C3:  Aviez vous déja entendu parler des Monts-Torngat ?

SM : Oui, parce que je restais à Terre-Neuve. On l’apprenait à l’école. Tout le monde parlait des Monts-Torngat, mais on ne le soulignait pas trop à l’école. L’emphase était mise sur Gros Morne, parce que c’était tellement accessible. J’avais seulement vu des photos des Monts-Torngat. Même maintenant, je suis encore bouche bée, puisque c’est tellement difficile d’expliquer la puissance de ce parc. Ce n’est pas que j’ai rien à dire. J’ai évidemment quelque chose à dire, mais je me sentais comme si je devais être complètement silencieux dans la présence d’une telle beauté. Qu’est-ce qu’il y a à dire?

Alors, cet effet que la terre a sur moi est assez puissant, mais c’est une partie minime de cette histoire. Pour moi, ce périple a valu la peine parce que je comprend encore plus le people Inuit. En grandissant, j’écoutais toujours les histoires des problèmes à Labrador.  C’est tout ce que j’entendais – les problèmes. “Les Inuit souffrent. Suicide. Drogue.” Ce n’est pas l’histoire du peuple Inuit. L’histoire va beaucoup plus loin que ça. C’est au sujet de l’autodétermination. Comme Natan Obed a dit à Hebron, “une culture n’a pas besoin de dominer l’autre pour que les deux réussissent.” En fait, ça devrait être le contraire.

C3: Si tu pouvais dire une chose au sujet de ton experience sur l’etape 6, qu’est-ce que ça serait ?

Je souligne constamment que les canadiens doivent s’impliquer de facon active dans les discussions au sujet de la relation entre le Canada et les peuples autochtones. On se fait distraire quotidiennement par les médias sociaux et les gens qui croient qu’ils vont résoudre des problèmes de façon passive. “Peut-être qu’ils ne devraient pas boire autant. Le problème c’est qu’ils n’ont pas d’emplois. Pourquoi ont-ils abandonné leurs études?” Si on cherche profondément la source des ces problèmes, on voit que c’est beaucoup plus que ça.

Il faut reconnaitre que les individus qui étaient ici bien avant nous ont un droit absolu de continuer leur mode de vie. On vit dans un monde de structures – une structure parlementaire, une structure économique, une structure de propriété de terre qui a été imposée. Tout est dans une boite maintenant. Les peuples qui étaient ici avant nous ne vivaient pas dans un monde qui avait autant de structure, comme on vit présentement. Ils avaient une relation avec la terre qui fluctuait. Ils étaient en équilivre avec la terre, l’air, et les animaux. Ils avaient certainement leurs propres problèmes à l’époque aussi, mais je crois que ces individus – n’importe quel individu –  ont quotidiennement le pouvoir de trouver leur bien-être afin d’exister en synergie avec leur culture et leur bonheur. C’est un peu étrange. Qu’est-ce que c’est le bonheur ? C’est quand on a la liberté d’être soi même.