Étape 8 : Lumière, oiseaux et les merveilles de la nature

Par Mark Graham

Chef de la programme de Science Canada C3, Mark Graham est le vice-président de la recherche et des collections au Musée canadien de la nature.

Je suis maintenant depuis plus d’un mois sur le brise-glace de Canada C3 qui a longé la côte est du Canada jusqu’à l’Arctique. Le navire a circulé entre les glaces et affronté des moments de grosse mer tout en nous maintenant relativement près du littoral afin que nous puissions admirer la saisissante beauté des paysages.

Les jours de plus en plus longs ont contribué au charme du voyage à mesure que nous nous dirigions vers le nord le long de la côte rocheuse de Terre-Neuve, du littoral montagneux du Labrador puis de la longue île de Baffin. À chaque parc national, à chaque fjord éblouissant que nous visitions, le ciel nocturne devenait de plus en plus clair jusqu’à l’île de Baffin, où il ne s’est plus assombri, même au plus fort de la nuit.

Cette lumière permanente est un atout puisque plusieurs projets scientifiques de Canada C3 portent sur la recension d’oiseaux marins. Il existe de nombreuses aires de nidification dans le Grand Nord canadien; elles sont vastes et importantes. Ce milieu offre un habitat propice à la reproduction et une mer productive permettant de nourrir les oisillons. Certains échantillons que nous prélevons dans l’océan donneront une indication de la productivité marine et des communautés de plantes et d’animaux qui constituent ce réseau alimentaire.

Nous avons eu la chance de visiter et d’étudier deux colonies d’oiseaux le long de l’île de Baffin. Les falaises rocheuses de l’île Hantzsch à l’entrée de la baie de Frobisher abritent des colonies de Guillemots de Brünnich et de Goélands bourgmestres, tandis que celles juste au nord du cap Graham Moore abondent en Mouettes tridactyles et en guillemots.

À chaque site, des dizaines de milliers d’oiseaux faisaient la navette entre la mer et leur nid pour donner la becquée à leurs petits. C’est un spectacle fascinant que d’observer, d’entendre et de sentir une telle activité biologique en un seul endroit. Cela illustre magnifiquement la façon dont toutes les parties de l’écosystème côtier marin sont coordonnées et immensément productives. C’est aussi très surprenant de voir autant de vie se concentrer en des zones si petites et vulnérables.

Nous sommes tous reliés aux océans, à toutes ces extraordinaires manifestations de vie et aux forces de la nature. S’en approcher suffisamment pour voir, sentir et entendre avec tant de netteté cette vie procure un intense sentiment de responsabilité à son égard. Dans quel magnifique endroit vivons-nous !