Témoignage de l’Étape 10 par le participant Marc Fraser

Par Marc Fraser, participant Canada C3

Être participant sur le périple Canada C3 est un honneur qui est difficile à décrire. Être entouré de gens incroyables, des représentants de hauts calibres du Canada, ayant des histoires complémentaires et tellement différentes à la fois favorise les discussions, les réflexions et les remises en question. Malgré le fait que mon application portait principalement sur le thème de l’environnement, mon expertise, c’est le thème de la réconciliation qui obtient le plus d’attention dans cette étape 10. Et c’est très bien ainsi!

Ce trajet dans le passage du Nord-Ouest, nous a mis en contact avec lieux mythiques inuits, mais surtout avec des personnes issues de différentes communautés indigènes du Canada. C’est grâce à leurs pertinentes interventions que la compréhension de la réconciliation se produit. Une parole à la fois.

Ici, les intentions sont à leur maximum. Toutes et tous désirent atteindre ce but. Cependant, il faut être réaliste, ce ne sera pas facile, voire même impossible, quelques-uns pensent. Parfois des plaies sont longues à cicatriser et ces cicatrices sont fragiles, elles peuvent s’ouvrir à tous moments.

Néanmoins, il faut garder espoir, apprendre de nos erreurs passées et se diriger vers l’action. Sarain Fox nous a appris le mot « réconciliACTION » qui me semble totalement approprié. Nous entendons souvent des bien belles promesses qui n’aboutissent que rarement. Il est temps de passer à l’action; de réellement poser des gestes qui permettront de panser les blessures. Car même si la réconciliation semble impossible, au moins nous pouvons entamer un vrai processus de guérison.

Mary Simon, « Queen of the Arctic » comme le dirait notre Chef d’expédition, une femme plus grande que nature qui a su défoncer des barrières, l’a répété à plusieurs reprises: ça doit passer par l’éducation. Oui, l’éducation de toutes les Canadiennes et Canadiens sur les atrocités et les inéquités qu’ont vécues et que vivent encore les peuples autochtones, mais également une meilleure éducation des jeunes de ces communautés.

Je suis donc en processus d’apprentissage. Je connaissais déjà quelques pans de l’histoire peu reluisante du Canada, comme celle des pensionnats autochtones, mais côtoyer des gens qui ont été directement ou indirectement affectés par cet étouffement culturel, ça frappe! Ça frappe comme un mur de brique à 300 km/h. J’ai peine à imaginer la souffrance. Tout ce que je peux avoir vécu semble maintenant futile.

Maintenant, comment puis-je contribuer à cette réconciliACTION? La réponse, je ne la possède pas encore. Elle est en évolution et en adaptation. Chose certaine, je tâcherai d’en parler avec les gens qui m’entourent et je continuerai mon apprentissage sur ces questions. Sur le côté scientifique, je me dois de rester ouvert d’esprit et de tenter de faire des recherches autrement que la méthode « classique ». Inclure les communautés dans la préparation et la conduite des recherches. Ceci inclut aussi l’équité sociale et de genre. Et surtout m’assurer que mes recherches en santé environnementale mènent à des actions concrètes et durables pour les communautés autochtones ou non autochtones à l’étude. C’est une question de respect! Respect que nous nous devons entre nous!

Voici quelques suggestions pour vous imprégner de mon séjour: