Le salon du patrimoine et réflexions de Jeffrey Copenace

À l’occasion du premier anniversaire du décès de Gord Downie, nous avons jugé cela approprié de partager les réflexions de Jeffrey Copenace, de l’étape 3, dans un extrait de son journal le deuxième jour de son voyage.

Le navire de Canada C3 comporte un Salon du patrimoine. Cette salle a été créée à titre de « safe space » pour discuter de réconciliation et de « réconcili-ACTION » dans le cadre de l’expédition Canada C3. C’est Morley Googoo, chef régional de l’Assemblée des Premières Nations pour la Nouvelle-Écosse, qui a eu l’idée d’une telle salle; collaborant avec le Fonds Downie/Wenjack, il a lancé un appel à l’action pour que soient ménagés des espaces propices à la réconciliation.

(c) Jo-Ann Wilkins/SOI Foundation

Excerpt from Jeffrey Copenance’s Diary
Leg 3, Day 2

La première chose que l’on voit en montant à bord du navire, c’est le Salon du patrimoine, un lieu de prières et de cérémonies commandité par Gord Downie et mettant à l’honneur Chanie Wenjack, décédé alors qu’il fuyait le pensionnat Cecilia Jeffrey (où se trouvent actuellement les bureaux du Grand conseil du Traité no 3).

Ce salon est un endroit magnifique et paisible où j’allais passer beaucoup de temps pendant cette expédition.

L’un des thèmes de Canada C3 est la réconciliation, et je m’y reconnais, étant moi-même sur le chemin vers la réconciliation, à tenter de surmonter ma dépendance et la douleur et le traumatisme que ma famille a subis dans les pensionnats. Mais je ne suis pas seul.

Une des premières personnes que je rencontre est Mélanie-Rose Frappier, une brillante Métisse de 20 ans qui étudie à l’Université Laurentienne et se dit très sceptique quant à l’idée de participer à ce voyage étant donné le traitement honteux que le Canada a réservé aux peuples autochtones en 150 ans d’histoire.

Je rencontre Ossie Michelin, une ancienne journaliste du RPTA qui a également de la difficulté à prendre part aux célébrations et qui m’exprime sa colère contre le Canada pour les dommages que les projets hydroélectriques ont récemment causés aux terres et au mode de vie traditionnels de sa communauté.

Après quelques jours à bord du navire, toutefois, Ossie me confie qu’il aimerait que tous les Canadiens — en particulier nos gouvernements — soient aussi ouverts et accueillants que ceux et celles se trouvant à bord de ce navire.

Ce matin, j’ai rencontré Aryn Lesage, une jeune femme ojibwée qui venait de passer la Journée nationale des Autochtones, hier, à échange des enseignements linguistiques et traditionnels avec une participante musulmane venue d’Indonésie, Khairunnisa (Inda) Intiar. Cette dernière était bouleversée de découvrir la beauté des peuples autochtones du Canada et notre histoire tragique.

Enfin, j’ai rencontré Nancy Breton, une femme francophone qui travaille, au sein du système d’éducation, avec les jeunes Inuits afin de les aider à renouer avec leur identité, leur langue et leur culture.

Elle célèbre également ses racines huronnes-wendates depuis peu, après avoir appris toute sa vie à avoir honte de ses ancêtres autochtones.

Quelque chose de beau se passe sur ce navire. Après des années à vivre dans l’ombre de la dépendance, je commence enfin à redécouvrir le potentiel et la beauté des êtres humains.

Je n’en suis qu’au début de mon séjour, mais je pense avoir fait le bon choix en venant ici. Ou alors c’est le Créateur qui m’a amené au bon endroit et au bon moment de ma vie, là où j’en avais le plus besoin.

#CanadaC3

(c) Martin Lipman/SOI Foundation