Un an plus tard – Art de Soheila Esfahani

Soheila Esfahani, artiste visuelle et professeure à l’université, a grandi en Iran et est arrivée au Canada en 1992, à l’occasion du 125e anniversaire de la Confédération. Il était donc tout à fait approprié qu'elle se retrouve à Charlottetown, lieu de naissance de la Confédération, à l'occasion de la Fête du Canada, 25 ans plus tard, au cours de la quatrième étape du Canada C3. Elle explique comment C3 a eu un impact sur sa pratique artistique.

Soheila Esfahani (c) Jackie Dives/SOI Foundation

Ma pratique artistique examine les terrains de la traduction culturelle et étudie les processus impliqués dans le transfert et la transformation culturels. Pour en revenir aux racines étymologiques du mot traduction en tant que « porter ou faire traverser », la série A Trace of Traceless explore l’ornementation en tant que forme de « culture portable » pouvant être transmise à travers les cultures et les nations.

La série Trace of Traceless, 2017 – l’acrylique et gravures au laser sur des objets collectés, montés sur des panneaux en bois

A Trace of Traceless: Charlottetown I

A Trace of Traceless: Charlottetown II

A Trace of Traceless: Canso

Au cours de mon séjour sur Canada C3, j’ai collecté plusieurs souvenirs stéréotypés représentant les différents endroits que nous avons visités sur le chemin depuis Charlottetown, Î.-P.-É. et St. John’s T.-N.-L. J’ai gravé au laser ces objets avec une ornementation culturellement spécifique: une arabesque de la ville d’Ispahan en Iran, dont les origines de mes ancêtres. Par cet acte, je deviens à la fois la touriste et l’immigrante qui collectionne / revendique une partie d’une culture.

A Trace of Traceless: Pier 21

A Trace of Traceless: St. John’s

Mon travail questionne le déplacement, la diffusion et la réinsertion de la culture en re-contextualisant l’ornementation culturellement spécifique et vise à ouvrir le troisième espace de l’entre-deux.

A Trace of Traceless: Sydney

A Trace of Traceless: Halifax

L’expédition Canada C3 a représenté le troisième espace pour moi, dans lequel nous avons constamment négocié la notion de liens culturels et de traduction. À travers mon art, j’explore le troisième espace en insérant des éléments culturels dans mon travail et en invitant le spectateur à le « lire » en introduisant leurs propres récits, ce qui leur permet également d’entrer dans l’espace de l’entre-deux et de prendre part à des actes de négociation.

Au cours de l’expédition, j’ai passé la Fête du Canada à la Chambre de la Confédération avec un groupe de Canadiens (de tous les horizons et de diverses régions du Canada) autour de la table de la Confédération, illustrée sur la plaque commémorative ci-dessous. Nous avons discuté de la signification de Canada 150 et des notions de Canada colonisé / décolonisé.

J’étais ici 150 ans plus tard
Peinture de verre sur assiette de porcelaine collectée, diamètre de 11 pouces, 2017

Dans cet ouvrage, je « prends » le contrôle de la salle de la Confédération en insérant mon image culturelle au-dessus de la représentation de la Chambre de la Confédération, en ne laissant au centre que les navires en arrière-plan, métaphore de l’arrivée des colonisateurs.

Les Mi’kmaq étaient ici avant le Bluenose
Peinture de verre sur assiette de porcelaine collectée de 4 pouces de diamètre, 2017

Dans la plaque Bluenose, le dessin reprend la main sur le colonisateur, avec une image d’une œuvre d’art originale Mik’maq qui a été offerte à Canada C3 pendant ce voyage.

(La Fondation Students on Ice est actuellement en discussion avec divers lieux d’exposition pour présenter les œuvres des 15 artistes visuels de Canada C3. Plus d’informations suivront!)