L’importance de C3 pour Kirsten Acker

Il y a 50 ans, les grands-parents de Kirsten Acker se sont lancés dans une traversée autour des trois côtes canadiennes dans une Ford modèle A. Aujourd'hui, Kirsten réfléchit sur son propre voyage à bord le Canada C3, en constatant l'impact que cela a eu sur sa vie et comment cela lui a permis de tisser des liens plus étroits avec sa famille et son héritage.

L’expédition Canada C3 a rassemblé près de 450 Canadiens venant de tout le Canada dans un voyage historique le long des trois côtes du pays. L’expérience a été transformatrice pour tout le monde à bord, impactant chaque personne de manière unique. Pour Kirsten Acker, ce fut une expérience qui lui a permis de faire le point et de la relier à un voyage entrepris par ses grands-parents il y a 50 ans.

Le grand-père de Kirsten a travaillé à Tuktoyaktuk, au Nunavut, en 1965, en participant à l’installation de lignes électriques et téléphoniques. En 1967, à l’occasion du 100e anniversaire de la Confédération canadienne, il décida d’entreprendre un voyage à travers le Canada avec son épouse, la grand-mère métisse de Kirsten. Le voyage s’intitulait « De l’Arctique à l’Expo: un voyage épique de 15 000 km en Ford modèle A, le long de la côte canadienne » et c’était tout un effort! Il équipa la Ford modèle A avec des skis, répartit leurs huit enfants entre oncles et tantes par précaution et partit de Tuktoyaktuk pour Vancouver le long de la côte, puis via Expo ‘67 à Montréal jusqu’à Halifax.

Ils ont apporté avec eux un livre qu’ils avaient recouvert de peau de phoque à Inuvik et ont recueilli les signatures des personnes qu’ils ont rencontrées en chemin. Semblable à l’expédition C3, beaucoup de gens ont pensé qu’ils étaient fous d’entreprendre un voyage aussi ambitieux. Un homme d’Inuvik est même allé jusqu’à écrire « homme blanc fou » sur le capot de la voiture du grand-père de Kirsten. Mais ils ont réussi leur périple autour des trois côtes … une phrase qui, cinquante ans plus tard, a suscité l’intérêt de Kirsten de se joindre à l’expédition Canada C3.

«La troisième côte est souvent oubliée», déclare Kirsten. Elle se souvient avec tendresse des histoires de son grand-père et de son livre en peau de phoque, portant les signatures de Canadiens d’Inuvik à Halifax et de nombreux endroits entre les deux. Et quand elle a entendu parler de la possibilité de se joindre à une expédition de ‘trois côtes, un voyage’, elle a sauté sur l’occasion et postulé pour faire partie de Canada C3.

Kirsten a été choisie pour participer à la septième étape, naviguant d’Iqaluit à Qikiqtarjuaq, au Nunavut. « En dehors de mon mariage et de mes enfants, ce fut probablement l’un des moments les plus poignants de ma vie », déclare Kirsten.

Faire l’expérience de son propre ‘trois côtes, un voyage’, à l’instar de ses grands-parents, a eu un impact énorme sur Kirsten et est devenue une partie d’elle qu’elle voulait partager avec les autres. Récemment, elle s’est fait tatouer le logo C3 sur sa cheville en guise de rappel permanent.

« J’espère que tout le monde apprendra quelque chose des thèmes que nous avons abordés. Ma grand-mère était dans un pensionnat, alors j’étais au courant de cette histoire et celle des Métis. Mais je n’avais aucune idée sur le Nord et la vie des Inuits. Ni au sujet du rôle de la GRC ou de l’abattage de chiens ou de la difficulté de leur parcours. J’étais vraiment fier d’en faire partie pour créer une prise de conscience. Il y a tellement de Canadiens qui ne savent rien à ce sujet. Les gens voient mon tatouage et cela enclenche une conversation. J’espère que cela crée un dialogue pour les personnes qui n’ont pas beaucoup de connaissances en matière de réconciliation.

En plus d’inciter d’autres personnes à en apprendre davantage sur les habitants et les régions du Nord, Kirsten espère renouer avec son héritage métis et mettre à profit ses compétences d’infirmière autorisée pour redonner aux communautés autochtones.

« En tant qu’infirmière autorisée, j’espère utiliser ce que j’ai appris de mon expérience avec Canada C3 pour fournir les meilleurs soins possible aux Canadiens autochtones. »