Eaux profondes et eaux abritées: un héritage de plus pour Canada C3

«Lorsque le navire de Canada C3 s'est arrêté dans le magnifique et paisible fjord Tod Inlet, au 149e jour d'expédition pour Canada 150, je ne me doutais pas que la journée qui allait suivre serait marquante à vie!» Lisez les réflexions de David Gray dans l'article suivant.

par David Gray
Équipe de programmation, Canada C
Étapes 8, 9, 10 et une partie des étapes 1 et 15

Photo (c) Martin Lipman/SOI Foundation 

Lorsque le navire de Canada C3 s’est arrêté dans le magnifique et paisible fjord Tod Inlet, au 149e jour d’expédition pour Canada 150, je ne me doutais pas que la journée qui allait suivre serait marquante à vie! Je me souviens encore des multiples liens qui ont été créés à cet endroit; des liens avec le territoire et son histoire, ainsi qu’avec les descendants de ceux qui peuplaient jadis la région et qui se sont joints à notre groupe pour une journée. Ensemble, nous avons constaté que toute l’histoire de Tod Inlet est étroitement liée aux principaux thèmes chers à Canada C3: la diversité et l’inclusion, la réconciliation, l’engagement jeunesse et l’environnement.

Tous ces liens créés à Tod Inlet ont donné naissance à un beau projet. Inspiré par les rencontres faites ce jour-là et par le partage qui a eu lieu entre nous à cet endroit que je connaissais bien pour l’avoir déjà étudié, j’ai eu l’idée par la suite d’approcher l’éditrice du Royal British Columbia Museum pour lui montrer le livret de photos historiques de Tod Inlet que j’avais préparé en qu’historien invité de Canada C3. Elle a démontré beaucoup d’intérêt pour ce livret basé sur mes années de recherche sur Tod Inlet, retraçant l’histoire de la région depuis l’époque où y vivait la communauté Tsartlip de Premières nations, jusqu’à aujourd’hui alors que ce magnifique territoire est devenu un parc provincial. Je suis heureux aujourd’hui d’annoncer que le livre Eaux profondes, eaux abritées: l’histoire de Tod Inlet, est en voie d’être publié le 6 novembre prochain!

Photo (c) Martin Lipman/SOI Foundation

Au-delà de ça, cette journée passée à Tod Inlet demeure l’une des plus marquantes du voyage pour moi. Voici quelques moments qui resteront gravés dans ma mémoire à jamais:

L’émerveillement de Lisa (Diz) Glithero alors qu’elle regardait l’enseignante du secondaire, Wendy Cardinal, guider son groupe de 54 élèves accompagnés des participants de l’étape 15 de C3, en leur racontant l’histoire de Tod Inlet, ne manquant pas de mettre en relief les points de vue des autochtones et des immigrants qui vivaient sur le territoire.

Le Sikh Paul Singh Johal et son petit-fils Nicholas, me rappelant les Sikhs avec qui j’ai collaboré pendant des années pour mes recherches. Paul Singh Johal a travaillé à la cimenterie de Tod Inlet en 1906, son premier emploi au Canada.

Photo (c) Beverley Hall

Trois mots qui me sont venus sans y penser, alors que je me trouvais sur la plage de Tod Inlet, lors du dernier cercle de partage de toute l’expédition: lien, communauté et compassion.

La prière récitée par Karen Tamminga-Paton, que lui a demandée la participante autochtone Racelle Kooy.

Photo (c) David Gray

Le petit sac de sauge, une plante médicinale, que Racelle a distribué à tous. J’ai donné le mien à Joanne, la réceptionniste du bureau du Conseil de bande des Tsartlip, qui m’a aidé à comprendre bien des choses… et qui est décédée l’année suivante.

Lillian Howard, une participante Mowachaht de la côte ouest de l’île de Vancouver, si reconnaissante d’avoir eu la chance de nous parler des arbres modifiés culturellement.

Natan Obed qui nous fait grâce de ses mots d’une si grande sagesse, alors que tous les participants cherchaient à surmonter leur tristesse en pensant aux défis, aux difficultés, voire au sentiment de rejet, qui viennent avec le désir de réconciliation entre autochtones et non-autochtones.

Toutes les larmes que nous avons versées ensemble, alors que Diz a rappelé les mots d’encouragement de la grand-mère de Geoff, qui disait: «Va de l’avant…»

Les commentaires d’Ahmed Saffar: «Je trouve que le fait de reconnaître cette partie sombre de notre histoire, que ce soit au niveau de l’immigration, de la discrimination, du racisme ou de la colonisation, va m’aider en tant que nouvel arrivant au Canada à comprendre les atrocités que certains groupes ont pu vivre et à participer au processus de réconciliation au pays pour nous éviter, à tous, de reproduire les erreurs du passé. Ce Cercle de la Vérité, sur la plage de Tod Inlet, au grand air, nous permet de faire le point sur la façon dont l’expérience de C3 a bouleversé chacun de nous. À l’unanimité, les liens créés entre nous tous et avec tous les gens que nous avons rencontrés demeurent la plus belle chose de ce voyage.

L’intervention de Roger Bull: «Nous nous sommes assis en cercle, comme tous les autres participants de C3 l’ont fait à plusieurs reprises durant les 149 derniers jours de ce voyage. En revanche, nous tentons, pour ce dernier cercle de partage, de résumer en quelques mots tous les acquis de cette expérience. Je suis du genre à me contenir et à demeurer silencieux dans ce genre cercle de partage, surtout lorsqu’il y a des gens comme Natan Obed et Elizabeth May parmi les participants! Mais le mot compassion résonne si fort en moi. Ce mot à lui seul résume tout: Canada C3 a été un exercice de compassion à l’échelle nationale».