L’exposition d’art Passages communicants

Passages communicants présente les œuvres d’artistes en arts visuels qui ont puisé leur inspiration dans l’expédition maritime Canada C3 organisée pour le 150e anniversaire de la Confédération en 2017. À bord du navire MV Polar Prince, ils ont été inspirés par l’environnement, par le paysage social et culturel du pays en constante évolution, ainsi que par le dialogue entre les Autochtones et les non-Autochtones Nous présentons ici la version numérique de l’exposition d’art Open Channels

Voici les artistes dont les œuvres sont présentées dans cette exposition : Lizzie Ittinuar, Sarni Pootoogook, Deanna Bailey, Soheila Esfahani, Christine Fitzgerald, Anna Gaby-Trotz, Phil Irish, Benjamin Kikkert, Paula Murray, Dominique Normand, Geoff Phillips, Francine Potvin, Leslie Reid, Rachel Rozanski et Véronique Tifo.

Christine Fitzgerald est diplômée de l’Université Acadia et de l’Université Dalhousie et
a étudié à la School of the Photographic Arts: Ottawa. Elle crée ses images de façon
intuitive, souvent à l’aide d’appareils photo grand format et de vieux objectifs. Elle
combine ainsi les anciens procédés d’impression photographique aux techniques
modernes. Elle a remporté de nombreux honneurs, dont le prix international de la
photographe artistique de l’année en 2016, remis par la Lucie Foundation à New York,
et le prix international Julia Margaret Cameron, en 2017. Christine Fitzgerald a participé à l’étape 2 (Montréal – Baie-Comeau) de l’expédition Canada C3.

« Durant la deuxième étape, je me suis liée d’amitié avec Kaniehtí:io. Elle m’a fait
prendre conscience de vérités sur notre passé. Je lui ai proposé de faire son portrait, et
nous avons discuté de la possibilité de photographier aussi sa mère et ses sœurs,
toutes originaires de Kahnawake, une réserve des Kanien’kéha (Mohawks) au sud de
Montréal. Dans ses écrits, sa sœur Kahénte’ fait référence à l’otiyaner , la mère du
clan qui montre la voie, et elle parle du rôle central des femmes fortes et résilientes
dans sa culture. Ma série de portraits représente cet esprit : Waneek, une athlète
olympique; Kaniehtí:io, une actrice; Kahénte’, une chercheuse universitaire; Ojistoh,
une médecin; et leur mère, Kahentinétha’, qui s’est toujours battue pour les droits de
son peuple. La force de caractère de ses filles est son plus grand legs. »

 

Soheila Esfahani a grandi à Téhéran, en Iran, et a déménagé à Waterloo, au Canada,
à l’été 1992, soit l’année du 125 e  anniversaire de la Confédération. Artiste en arts
visuels primée, elle a reçu de nombreuses subventions, et ses œuvres ont été
exposées partout au pays, de Vancouver à Halifax. Elle fait partie des collections de différentes institutions publiques et privées, dont la Banque d’art du Conseil des arts du
Canada. Dans sa pratique artistique, Soheila explore la transformation et la traduction
des cultures à travers des installations qui jouent sur les interprétations littérales et
métaphoriques du concept de « traduction ». Soheila Esfahani a participé à l’étape 4 (Charlottetown, PE – St. John’s, NL) de l’expédition Canada C3.

« Ma pratique artistique explore la migration et la traduction culturelle, en particulier
l’ornementation comme forme de “culture portable” que l’on peut adapter à de
nouveaux contextes. Pour cette série, j’ai recueilli des traces de la quatrième étape de
l’expédition, soit des objets de collection achetés dans des boutiques de souvenirs. J’ai
ensuite gravé au laser sur ces objets des motifs d’arabesques originaires d’Isfahan,
ville iranienne d’où viennent mes ancêtres. Quiconque observe ces installations y verra
des recoupements avec sa propre culture. »

 

Dominique Normand représente visuellement les forces omniprésentes qui façonnent
l’expérience humaine dans les territoires du Nord. Elle s’est découvert à l’âge adulte
des racines mi’kmaq et wolastoq (malécites) du côté de son père. S’inspirant aussi de
son expérience personnelle auprès des peuples cris de la baie James, elle explore
l’harmonie de toutes les relations humaines, inextricables. Elle voyage munie d’un
appareil photo et d’un pinceau. L’ensemble de ses rencontres et des enseignements
qu’elle a reçus constituent un réservoir d’inspiration dans lequel elle puise des idées
poignantes pour ses créations. Dominique Normand a participé à l’étape 5 (St. John’s – Nain, NL) de l’expédition Canada C3.

« Dans mes œuvres, j’explore les notions d’identité, de mémoire et de territorialité.
L’expérience Canada C3 a déclenché chez moi un torrent d’observations et m’a incitée
à interpréter les lieux que j’ai visités de manière poétique. En écoutant les participants
issus des Premières Nations et des peuples inuits, j’ai approfondi ma connaissance de
la face cachée de l’histoire canadienne. Mon art me permet de réfléchir à ces enjeux
fondamentaux et de représenter le Nord comme territoire à la fois géographique et
spirituel. »

 

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L’artiste aimerait remercier la Concordia University Part-Time Faculty Association
(CUPFA) pour son appui.
Francine Potvin est une artiste en arts visuels, une enseignante, une botaniste dans
l’âme, une passionnée de jardinage et la mère de trois jeunes hommes. Elle travaille
surtout avec la céramique, le dessin, l’estampe et le cyanotype. Elle enseigne la
céramique à l’Université Concordia, à Montréal, depuis 1993. Au cours des trente
dernières années, elle a exprimé l’anima mundi à travers des images d’inspiration botanique et animale, ancrées dans son respect et son enchantement à l’égard de toutes les formes de vie indigènes et de l’interconnectivité sacrée entre toutes choses. Francine Potvin a participé à l’étape 6 (Nain, NL – Iqaluit, NU) de l’expédition Canada C3.

« Ces œuvres ont été créées à partir d’algues et de matière végétale que j’ai
rapportées de la sixième étape de l’expédition. Lors du voyage, j’ai entendu par milliers
les voix du monde naturel et j’ai vu les plus vieilles montagnes de la planète, des
rivières, des icebergs et la mer. J’ai vu le faucon pèlerin et l’ours polaire. J’ai ressenti
dans les voix des Inuits la profonde douleur causée par les conséquences du système
de pensionnats indiens. Nous, les Homo sapiens, devons redéfinir la nature humaine
dans nos relations interpersonnelles et dans notre rapport au monde interconnecté
dans lequel nous vivons. »

 

Phil Irish vit à Elora et enseigne les arts visuels en atelier au Collège universitaire
Redeemer, à Ancaster, en Ontario. Il détient une maîtrise en beaux-arts de l’Université
York et a approfondi ses recherches au cours de différentes résidences, notamment au
Banff Centre. Ses toiles et installations ont été exposées dans de nombreuses galeries
commerciales et publiques. Il travaille actuellement sur des images qui, inspirées de
son expérience lors de l’expédition Canada C3, portent surtout sur les formes
changeantes des icebergs et des glaciers. Phil Irish a participé à l’étape 7 (Iqaluit – Qikiqtarjuaq, NU) de l’expédition Canada C3.

« Les images d’icebergs véhiculent généralement une impression d’immensité et
d’intemporalité. On remarque leur architecturalité, leur beauté, leur équilibre. Mais cette
impression est trompeuse, car en réalité, la glace est toujours en mouvement : elle se
dilate, se contracte, flotte, vêle ou fond. Cette œuvre est basée sur mon premier
collage cinétique. L’intégration de mouvements apporte de nouvelles possibilités quant au sens et à notre relation physique avec l’œuvre. L’Arctique que j’ai vu à bord du Polar
Prince est en train de se réchauffer; nous disons adieu à la glace telle que nous la
connaissons. »

 

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Paula Murray est une céramiste d’art primée originaire de Lac-Meech, au Québec. Le
thème central de son œuvre est la transformation. S’intéressant aux points communs
entre la nature humaine et la nature du réel, elle aime les affinités qui existent entre,
d’une part, les matériaux céramiques et les procédés de cette discipline, et d’autre part,
la condition humaine. Souvent exposées au Canada et à l’étranger, ses œuvres font
aussi partie de collections muséales en Italie, en Corée, à Taïwan, en Chine, en
Roumanie, en Angleterre et au Canada. Elle a récemment été intronisée à l’Académie
internationale de la céramique. Paula Murray a participé à l’étape 8 (Qikiqtarjuaq – Pond Inlet, NU) de l’expédition Canada C3.

« Quand j’étais au Nunavut, j’ai compris l’importance de l’écoute : il faut écouter la
terre, s’écouter les uns les autres, et s’écouter soi-même. Notre niveau de conscience
limite ce qu’on entend. Ces objets en céramique – dont la forme rappelle les cornes d’animaux, qui servaient autrefois à amplifier les sons – nous confrontent. Devons-nous
crier pour être entendus? Sommes-nous durs d’oreille? Parlons-nous dans le vide?
Comment faire pour parler avec le cœur? Car c’est seulement en faisant cela que nous
pourrons répondre aux 94 appels à l’action du rapport de la Commission de vérité et
réconciliation. »

 

Leslie Reid est née à Ottawa, où elle a commencé à s’attacher à la terre. Elle a étudié
à l’Université Queen’s de Kingston et a poursuivi ses études en Angleterre. À son
retour au Canada, elle a enseigné les arts visuels à l’Université d’Ottawa. Elle a
présenté des expositions en solo au Canada, en Angleterre, en France et aux États-
Unis; ses œuvres se trouvent d’ailleurs dans les collections de grands musées
canadiens. Son travail a toujours été une exploration très personnelle de la fragile
perception de soi dans des lieux tantôt sensoriels, tantôt émotifs. Leslie Reid a participé à l’étape 9 (Pond Inlet – Cambridge Bay, NU) de l’expédition Canada C3.

« Uluriak a été tournée avec Uluriak Amarualik lorsque nous participions toutes deux à
l’expédition Canada C3 dans le passage du Nord-Ouest. Dans cette vidéo, Uluriak raconte son expérience comme jeune femme inuite à Resolute, au Nunavut. Elle est la
petite-fille d’Inuits forcés de quitter Inukjuak, au Québec, et Pond Inlet, au Nunavut,
pour Resolute – une communauté très éloignée et très différente sur le plan culturel -,
durant la réinstallation des Inuits dans l’Extrême-Arctique entre 1953 et 1955. Uluriak
nous parle de son enfance à Resolute, de son expérience comme Ranger canadienne
– réserviste de l’armée dans le Nord – et des effets de la délocalisation, qui sont
encore ressentis par sa famille et sa communauté. »

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Rachel Rozanski a étudié les arts visuels à l’Université Emily Carr, à l’Université
Capilano et au Collège Langara. Durant ses études, elle a réalisé des dessins et des
impressions numériques inspirées de recherches. Son œuvre porte sur les
transformations biologiques, géologiques et physiques qui s’opèrent à un rythme
fulgurant à l’heure où nous entrons dans l’anthropocène. Ses œuvres, qui ont été
exposées à l’étranger et partout au Canada, explorent différentes façons de visualiser
des concepts scientifiques pour en tirer de nouvelles traductions. Rachel Rozanski a participé à l’étape 10 (Cambridge Bay – Kugluktuk, NU) de l’expédition Canada C3.

« Au cours de ma formation artistique universitaire, j’ai envisagé l’imagination comme
une force écologique et recueilli des objets non identifiables créés ou transformés par
la civilisation humaine. Lorsque j’étais artiste en résidence au Nunavut et en Islande,
j’ai aussi été inspirée par l’étude de l’écologie locale, des polluants, de l’adaptation et
de la disparition des espèces. Actuellement, en studio, je me penche sur les effets amplifiés de ces phénomènes dans le Nord, un milieu qui subit des changements rapides avec des conséquences à long terme. »

 

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Benjamin Kikkert est un artiste et designer qui travaille le verre chauffé et crée des
sculptures à partir d’une technique mixte. Diplômé du programme de métiers d’art et de
design du Collège Sheridan, il a fait une résidence au Craft & Design Studio du
Harbourfront Centre. Il a reçu le prix RBC pour son travail du verre en 2012 et a
présidé l’Association du verre d’art canadien. Son studio, Vancouver Studio Glass, se
trouve sur l’île Granville, à Vancouver. Benjamin Kikkert a participé à l’étape 11 (Kugluktuk, NU – Tuktoyaktuk, NT) de l’expédition Canada C3.

« Le titre Copper River Fracture [Fracture de la rivière Copper] fait référence aux deux
forces qui perturbent les peuples du Nord et leurs terres. En tant qu’artiste et que
Canadien du Sud, je ne pourrai jamais créer une œuvre qui exprime pleinement mon
trouble, car il augmente à mesure que je prends conscience de l’ampleur des dégâts.
Cette œuvre présente d’infimes fractions de ce que j’ai vu durant ma visite. Les Inuits
perçoivent leur territoire comme une expérience collective; je crois qu’il est temps pour
le reste du Canada de reconnaître la sagesse de cette perspective. »

 

Native de Montréal, Véronique Tifo complète des études en Muséologie où se profile
son intérêt pour les médiums artistiques traditionnels. Bachelière en Peinture et Dessin
de l’Université Concordia et diplômée universitaire en Art-thérapie, elle poursuit de
concert sa carrière artistique et fonde en 2005, Ŭtĕrum, École de Peinture Actuelle à
Montréal. L’artiste a œuvré au sein du Great Northern Arts Festival à Inuvik et s’investie
dans des projets artistiques philanthropiques. Détentrice d’une Maîtrise en Arts visuels
et médiatiques de l’UQÀM, elle travaille actuellement au Musée d’art contemporain des
Laurentides. Véronique Tifo a participé à l’étape 12 (Tuktoyaktuk, NT – Prince Rupert, BC) de l’expédition Canada C3.

« Ma peinture s’écarte de l’intellectualisme, au profit d’une approche intuitive et
spirituelle. Mes tableaux sont donc une plongée dans l’intime, une peinture-poème,
inspirée du lieu dans lequel je me trouve. Dans le cadre de mon voyage avec Canada
C3, je me suis inspirée de l’aspect narratif des qimiqrunguaq (dessins Inuits) et des
paysages du Grand Nord, qui tiennent lieu d’une aura enveloppant ses ancêtres. Ce
triptyque évoque la transmission de l’histoire autochtone et du lien solide entre ses
générations. »

 

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Deanna (Dee) Bailey a fait des études en arts visuels et en biologie en Alberta, avant de déménager au Yukon en 2010. Elle cherche à repousser les limites de l’art
bidimensionnel pour donner un aspect sculptural aux tableaux. Elle peint avec de
l’argile à modeler. Deanna est membre de la coopérative Yukon Artists @ Work. L’un de ses buts premiers est de placer la nature au centre de ses œuvres, afin d’inviter les gens à réfléchir à leur responsabilité à l’égard de l’environnement. Deanna (Dee) Bailey a participé à l’étape 13 (Prince Rupert – Bella Bella BC) de l’expédition Canada C3.

« J’explore la fusion entre la sculpture et la peinture en créant des images représentatives à partir d’argile à modeler à base d’huile. Je présente mes œuvres en tant qu’objets, dans des boîtes-cadres protectrices. Mes tableaux sculpturaux invitent les gens à observer attentivement et à faire des liens avec leurs propres expériences en plein air. Je m’efforce, par mon travail, de raviver notre émerveillement devant la nature qui nous entoure et de promouvoir le dialogue sur les moyens à mettre en œuvre, collectivement, pour prendre soin de nos terres, de nos animaux et de notre nature sauvage.

Ces plages rocheuses représentent des sentiments ressentis tout en apprenant de la nation Haïda. Je pense que chaque pierre est unique avec sa propre histoire personnelle, comme tant de personnes que nous avons rencontrées. En étant unis, nous pouvons nous soutenir les uns les autres et célébrer nos différences, nous pouvons travailler ensemble vers des objectifs communs.»

 

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Geoff Phillips est diplômé du baccalauréat en beaux-arts de l’Université de Regina. Il
habite maintenant à Maple Creek, en Saskatchewan. Il a fait une résidence au Habitat
New Media Lab du Canadian Film Centre et dirige, à titre d’artiste en résidence, le
programme artistique du parc interprovincial Cypress Hills pour les visiteurs et les
résidents du sud-ouest de la province. Il a également créé plusieurs grandes murales
commandées par des organismes du secteur public. Geoff Phillips a participé à l’étape 14 (Bella Bella – Campbell River, BC) de l’expédition Canada C3.

« Durant l’étape 14 du trajet, sur la côte Ouest de la Colombie-Britannique, j’ai peint
des paysages et des portraits directement sur toile. J’ai visité une conserverie de
poisson abandonnée, près de Namu, un village Heiltsuk. J’étais accompagné par notre
hôte, le chef Harvey Humchitt, qui m’a parlé de son grand chagrin face à ces terres
sacrées où ses ancêtres avaient été enterrés pendant des millénaires. Le site de la conserverie était utilisé pour la transformation de poisson commerciale à grande
échelle, mais aujourd’hui, l’endroit est un désastre écologique, et c’est le peuple
Heiltsuk qui doit tout nettoyer. »

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Anna Gaby-Trotz est graveuse et photographe ainsi que directrice technique de l’Open
Studio à Toronto. Son travail l’a amenée à voyager, notamment au passage du Nord-
Ouest, à la rivière Nahanni et, tout récemment, à Cape Dorset, au Nunavut. Dans ses
portraits, elle explore des enjeux sociaux. Elle a d’ailleurs travaillé il y a quelques
années sur le projet Be Our Ally, dans le cadre duquel elle s’est associée à des jeunes
de milieux ruraux pour aborder les problèmes liés à l’homophobie. Anna Gaby-Trotz a participé à l’étape 15 (Campbell River – Victoria, BC) de l’expédition Canada C3.

« Coloniser, s’établir signifie que l’on reste à un seul endroit. Ma famille est composée
de différents colons européens. Je me suis jointe à l’expédition Canada C3 pour la
dernière étape du parcours. Chacun des arrêts du trajet m’a semblé à la fois relié et
divisé par des barrières, tantôt visibles, tantôt invisibles. J’ai tenté de les traverser avec douceur. Tout au long de l’expédition, l’écoute était un thème fort. Au-delà du malaise
que suscite une définition unique de ce qu’est le Canada après 150 ans d’existence,
l’expédition nous a poussés dans la direction des “150 ans et plus” du Canada. Il
s’agissait de réfléchir sur les erreurs répétées à maintes reprises dans l’histoire, et
d’entrevoir l’espoir d’un avenir qui repose sur différentes nations s’attaquant ensemble
à la question épineuse de la réconciliation et à tout le travail qu’il reste à faire. »

 

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L’artiste textile Lizzie Ittinuar, qui habite à Kangiqliniq (Rankin Inlet), fait appel à deux
langages visuels pour représenter sa localité : les formes et l’écriture syllabique
traditionnelles des Inuits ainsi que l’imagerie satellite, ou aérienne. La carte est
encadrée d’images perlées et feutrées qui représentent les habitants, la faune et la
flore de la région ainsi que le drapeau du Nunavut et le titre de l’œuvre en inuktitut. Sur
le panneau central en feutre noir, des couleurs réfléchissantes et des perles argentées
créent une vue nocturne du hameau. Les rues, les bâtiments et la topographie côtière
sont vus tels qu’on les observerait depuis un avion. Exacte sur le plan géographique, la
carte présente des éléments agencés selon les principes de la cartographie. Mais elle
serait incomplète sans les êtres vivants et les symboles culturels qui la bordent et qui
décrivent l’expérience des habitants de ce lieu.

 

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Sarni Pootoogook a été parmi les premières graphistes du programme d’estampe de
Cape Dorset. S’inspirant des éléments récurrents dans différentes légendes sur Sedna,
l’artiste en reprend ici deux : l’oiseau comme compagnon ou ravisseur, et la punition
imposée par le père de Sedna, qui lui a coupé les doigts et a ainsi déclenché sa
métamorphose en phoque. Créée peu avant le décès de l’artiste, cette œuvre illustre
les mondes du surnaturel et de la vie terrestre, tous deux représentés sous forme de
sages compagnons qui flottent côte à côte.

Nous reconnaissons le soutien du Conseil des arts du Canada et de la Power Corporation of Canada.